Martes, 08 de mayo de 2007
QUEREMOS HOY RENDIR HOMENAJE A GUSTAVE FLAUBERT, ese gran escritor que en el fondo fue un gran poeta.

En su recuerdo, 127 a?os despu?s de su desaparici?n, reproducimos aqu? un hermoso pasaje de MADAME BOVARY, su obra m?s conocida. Se trata del paseo de Emma Bovary y Rodolphe Boulanger por los alrededores de Yonville.



Fragmento

"D?s qu'il sentit la terre, le cheval d'Emma prit le galop. Rodolphe galopait ? c?t? d'elle. Par moments ils ?changeaient une parole. La figure un peu baiss?e, la main haute et le bras droit d?ploy?, elle s'abandonnait ? la cadence du mouvement qui la ber?ait sur la selle.
Au bas de la c?te, Rodolphe l?cha les r?nes ; ils partirent ensemble, d'un seul bond ; puis, en haut, tout ? coup, les chevaux s'arr?t?rent, et son grand voile bleu retomba.
On ?tait aux premiers jours d'octobre. Il y avait du brouillard sur la campagne. Des vapeurs s'allongeaient ? l'horizon, entre le contour des collines ; et d'autres, se d?chirant, montaient, se perdaient. Quelquefois, dans un ?cartement des nu?es, sous un rayon de soleil, on apercevait au loin les toits d'Yonville, avec les jardins au bord de l'eau, les cours, les murs, et le clocher de l'?glise. Emma fermait ? demi les paupi?res pour reconna?tre sa maison, et jamais ce pauvre village o? elle vivait ne lui avait sembl? si petit. De la hauteur o? ils ?taient, toute la vall?e paraissait un immense lac p?le, s'?vaporant ? l'air. Les massifs d'arbres, de place en place, saillissaient comme des rochers noirs ; et les hautes lignes des peupliers, qui d?passaient la brume, figuraient des gr?ves que le vent remuait.
? c?t?, sur la pelouse, entre les sapins, une lumi?re brune circulait dans l'atmosph?re ti?de. La terre, rouss?tre comme de la poudre de tabac, amortissait le bruit des pas ; et, du bout de leurs fers, en marchant, les chevaux poussaient devant eux des pommes de pin tomb?es.
Rodolphe et Emma suivirent ainsi la lisi?re du bois. Elle se d?tournait de temps ? autre afin d'?viter son regard, et alors elle ne voyait que les troncs des sapins align?s, dont la succession continue l'?tourdissait un peu. Les chevaux soufflaient. Le cuir des selles craquait.
Au moment o? ils entr?rent dans la for?t, le soleil parut.
? Dieu nous prot?ge ! dit Rodolphe.
? Vous croyez ? fit-elle.
? Avan?ons ! avan?ons ! reprit-il.
Il claqua de la langue. Les deux b?tes couraient.
De longues foug?res, au bord du chemin, se prenaient dans l'?trier d'Emma. Rodolphe, tout en allant, se penchait et il les retirait ? mesure. D'autres fois, pour ?carter les branches, il passait pr?s d'elle, et Emma sentait son genou lui fr?ler la jambe. Le ciel ?tait devenu bleu. Les feuilles ne remuaient pas. Il y avait de grands espaces pleins de bruy?res tout en fleurs ; et des nappes de violettes s'alternaient avec le fouillis des arbres, qui ?taient gris, fauves ou dor?s, selon la diversit? des feuillages. Souvent on entendait, sous les buissons, glisser un petit battement d'ailes, ou bien le cri rauque et doux des corbeaux, qui s'envolaient dans les ch?nes.
Ils descendirent. Rodolphe attacha les chevaux. Elle allait devant, sur la mousse, entre les orni?res.
Mais sa robe trop longue l'embarrassait, bien qu'elle la port?t relev?e par la queue, et Rodolphe, marchant derri?re elle, contemplait entre ce drap noir et la bottine noire, la d?licatesse de son bas blanc, qui lui semblait quelque chose de sa nudit?.
Elle s'arr?ta.
? Je suis fatigu?e, dit-elle.
? Allons, essayez encore ! reprit-il. Du courage !
Puis, cent pas plus loin, elle s'arr?ta de nouveau ; et, ? travers son voile, qui de son chapeau d'homme descendait obliquement sur ses hanches, on distinguait son visage dans une transparence bleu?tre, comme si elle e?t nag? sous des flots d'azur.
? O? allons-nous donc ?
Il ne r?pondit rien. Elle respirait d'une fa?on saccad?e. Rodolphe jetait les yeux autour de lui et il se mordait la moustache.
Ils arriv?rent ? un endroit plus large, o? l'on avait abattu des baliveaux. Ils s'assirent sur un tronc d'arbre renvers?, et Rodolphe se mit ? lui parler de son amour.
Il ne l'effraya point d'abord par des compliments. Il fut calme, s?rieux, m?lancolique.
Emma l'?coutait la t?te basse, et tout en remuant, avec la pointe de son pied, des copeaux par terre.
Mais, ? cette phrase :
? Est-ce que nos destin?es maintenant ne sont pas communes.
? Eh non ! r?pondit-elle. Vous le savez bien. C'est impossible.
Elle se leva pour partir. Il la saisit au poignet. Elle s'arr?ta. Puis, l'ayant consid?r? quelques minutes d'un oeil amoureux et tout humide, elle dit vivement :
? Ah ! tenez, n'en parlons plus... O? sont les chevaux ? Retournons.
Il eut un geste de col?re et d'ennui. Elle r?p?ta :
? O? sont les chevaux ? o? sont les chevaux ?
Alors, souriant d'un sourire ?trange et la prunelle fixe, les dents serr?es, il s'avan?a en ?cartant les bras. Elle se recula tremblante. Elle balbutiait :
? Oh ! vous me faites peur ! vous me faites mal ! Partons.
? Puisqu'il le faut, reprit-il en changeant de visage.
Et il redevint aussit?t respectueux, caressant, timide. Elle lui donna son bras. Ils s'en retourn?rent. Il disait :
? Qu'aviez-vous donc ? Pourquoi ? Je n'ai pas compris ! Vous vous m?prenez, sans doute ? Vous ?tes dans mon ?me comme une madone sur un pi?destal, ? une place haute, solide et immacul?e. Mais j'ai besoin de vous pour vivre ! J'ai besoin de vos yeux, de votre voix, de votre pens?e. Soyez mon amie, ma soeur, mon ange !
Et il allongeait son bras et lui en entourait la taille. Elle t?chait de se d?gager mollement. Il la soutenait ainsi, en marchant.
Mais ils entendirent les deux chevaux qui broutaient le feuillage.
? Oh ! encore, dit Rodolphe. Ne partons pas ! Restez !
Il l'entra?na plus loin, autour d'un petit ?tang, o? des lentilles d'eau faisaient une verdure sur les ondes. Des n?nuphars fl?tris se tenaient immobiles entre les joncs. Au bruit de leurs pas dans l'herbe, des grenouilles sautaient pour se cacher.
? J'ai tort, j'ai tort, disait-elle. Je suis folle de vous entendre.
? Pourquoi ?... Emma ! Emma !
? Oh ! Rodolphe !... fit lentement la jeune femme en se penchant sur son ?paule.
Le drap de sa robe s'accrochait au velours de l'habit. Elle renversa son cou blanc, qui se gonflait d'un soupir ; et, d?faillante, tout en pleurs, avec un long fr?missement et se cachant la figure, elle s'abandonna.
Les ombres du soir descendaient ; le soleil horizontal, passant entre les branches, lui ?blouissait les yeux. ?? et l?, tout autour d'elle, dans les feuilles ou par terre, des taches lumineuses tremblaient, comme si des colibris, en volant, eussent ?parpill? leurs plumes. Le silence ?tait partout ; quelque chose de doux semblait sortir des arbres ; elle sentait son coeur, dont les battements recommen?aient, et le sang circuler dans sa chair comme un fleuve de lait. Alors, elle entendit tout au loin, au del? du bois, sur les autres collines, un cri vague et prolong?, une voix qui se tra?nait, et elle l'?coutait silencieusement, se m?lant comme une musique aux derni?res vibrations de ses nerfs ?mus. Rodolphe, le cigare aux dents, raccommodait avec son canif une des deux brides cass?e.
Ils s'en revinrent ? Yonville, par le m?me chemin. Ils revirent sur la boue les traces de leurs chevaux, c?te ? c?te, et les m?mes buissons, les m?mes cailloux dans l'herbe. Rien autour d'eux n'avait chang? ; et pour elle, cependant, quelque chose ?tait survenu de plus consid?rable que si les montagnes se fussent d?plac?es. Rodolphe, de temps ? autre, se penchait et lui prenait sa main pour la baiser.
Elle ?tait charmante, ? cheval ! Droite, avec sa taille mince, le genou pli? sur la crini?re de sa b?te et un peu color?e par le grand air, dans la rougeur du soir.

En entrant dans Yonville, elle caracola sur les pav?s. On la regardait des fen?tres."


?VA POR TI GUSTAVE!


Si os interesa la obra y la vida de Flaubert pod?is visitar:

http://www.univ-rouen.fr/flaubert
Publicado por gala2 @ 10:36  | HOMENAJES
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