Jueves, 24 de mayo de 2007
Les Vertus. Voici que ton fils est grand?

(...)Voici que ton fils est grand, Marie, il te regarde ? pr?sent avec des yeux ?trangers. Tu sais tout de lui, mais comment pourrait-il te conna?tre ? Avant qu'il te ha?sse, retire-toi. Il faut le laisser agir seul et qu'il croie t'oublier, comme le c?ur de sa poitrine. Il faut qu'il te domine si tu veux qu'il t'?gale. Laisse-le cr?er un Dieu ? son image pour qu'il sache le go?t du n?ant o? tu n'es pas, et qu'il te retrouve un jour dans le d?chirement de l'esprit, comme tu le fis dans le d?chirement de la chair. Sois une femme entre les femmes, fonds tes paroles au bruit des vagues, remonte au ciel, ?toile de la Mer?

Notre-Dame, C?ur des Villes, au c?ur sept fois transperc?, le ciel entier te couronne, le monde bat sous tes pieds. L'?glise est ton lourd manteau, sous le couvert de ses plis, tu tiens secret les reproches et parfais en indulgence les doctrinaux de ton Fils. Ton seul petit doigt lev? donne vacance ? l'enfer, le sourire de tes yeux change la mort en lumi?re.

La lait de Marie coulait dans les paroles du Christ, mais il maudit le figuier qui ne portait pas de figues, il insulta les Pharisiens et chassa les marchands du Temple. ? Ce n'?taient pas de bons exemples. ? Il prit les p?ch?s du monde, mais le chargea de sa croix.

Le Fils nous met dans la g?ne, nous ?pouserons sa mis?re, nous souffrirons avec lui, nous essuierons son visage et par notre ?conomie nous lui garderons un feu jusqu'au plus noir de la peine. C'est en voulant nous toucher qu'il s'est travers? lui-m?me, ses bras tendus et clou?s s'ouvrent vers nous, Inhumaines ! Nous serons son humble m?re d'infinie consolation. Nous feindrons l'ob?issance, tant qu'il soit las de son r?gne, il nous croira ses sujettes, il nous fera ses vertus, sans voir nos profondeurs vertes (...)





Adrienne Monnier (1892-1955)
Publicado por gala2 @ 4:36  | POEMAS
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