S?bado, 14 de abril de 2007
COMME SI LE MATIN SERVAIT TOUJOURS


Les statues assises
accueillent
dans les tombes ?trusques.

Des paroles d'amie malade
traversent les murs.

Pourquoi ne veux-tu pas t'habiller de noir; un peu en avance ?
Pourquoi ne pas dire aux autres de venir au repas de mes fun?railles,
que je pr?siderai ? Ce sera une mani?re de m'habituer ? l'absence.
- Mais il ne viendra personne, r?pondons-nous. Ils savent d?j? que
tu n'es plus au monde.

-Cr?ve donc, dit-il
en lisant les annonces fun?raires du journal.

Il n'aime pas les morts
leur mani?re de ne plus souffrir
de ne plus attendre
dans l'entre chair et peau
la tumeur gonfl?e, ou dans les os
cette vrille intermittente, qui creuse.

Peuh, les morts !
L?ch?s dans leur trou
ils ne patientent plus sur un banc de m?tro
ils ne farfouillent plus au rayon ? po?sie ?
pour trouver un recueil pas trop cher
ils ne demandent plus
s'il vaudrait mieux, comme en espagnol, un point d'interrogation
avant comme apr?s la phrase en ?nigme.
Peuh, les morts !

Doucement
un rat monte depuis l'?gout
marqu? au m?me nom que la rue o? ricane
le lecteur du journal, en route sans savoir
vers le mortellement correct de sa chronique ? lui.
______

Cette impression r?peuse qui nous prend
d'?quivalence
entre le beau tableau et la courtepointe en patchwork.

Nous sommes r?p?s fin nous aussi

nous nous souvenons des doubles vitres des maisons russes

entre elles
des insectes crev?s
miettes
le long des rainures

nous :
des fragments
enferm?s
dans la mince atmosph?re.

______

Maquille
tes meurtres menus

r?pondeur en marche
quand un ami triste t?l?phonerait

oubli de l'herbe
tellement exil?e
entre deux pierres, sur un trottoir de ville.

Le couteau crisse sur
ta pomme quotidienne
transverb?r?e par les micro-ondes.

Tu manges sa mort.

Future mang?e
tu m?prises, tu heurtes ?

Une clart? te vient
de dessous l'imposture.
Le soir, seule, tu fais tes comptes de massacres.
______

Tu d?plies ta robe comme un autre moi
qu'on pourrait prendre ? bail

mais la pluie s?che de la solitude
tambourine tellement sur ta peau !
tu te bouches les oreilles et te jettes nue
visage contre lit

comprimant tes paupi?res
pour voir au moins quelques signes pourpres
? travers la vie.
______

Le sommeil, le bonheur
On les agace aussi
d'un tiroir ouvert, qui grince
et montre au dormeur ?veill?
les lettres malveillantes avec les ch?res photos
conserv?es p?le-m?le
et
finalement
comparables entre elles
dans la d?bandade des minutes.
______

Le matin,

chatte, tu peux
frotter ton nez contre le mien.

Je t'envie.

Ta chance
Mo?se m?me ne l'eut pas, avec son Dieu ? lui.
_______

Au d?but mars
les racines fendent la peau des graines

la fen?tre
lib?re
une mouche engourdie.

Nous recommen?ons
comme si nous n'avions pas ?t? moulus jusqu'aux os

comme si le matin servait toujours
avec son fragment de ciel entre les maisons.

Nous ignorons une fois de plus l'autrefois
pour croire ces heures
? l'aventure


(Cortes?a de Jean-Michel Maulpoix: http://www.maulpoix.net)
Publicado por dali1 @ 7:09  | POEMAS
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