jueves, 01 de febrero de 2007
ENCONTRAR EN LOS VERSOS DE UN POETA ESAS PALABRAS QUE HEMOS BUSCADO DURANTE MUCHO TIEMPO, ESAS MIRADAS EN LAS QUE NOS RECONOCEMOS, O ESOS ALIENTOS QUE NOS HACEN SENTIR VIVOS, ES UNO DE LOS MAYORES PLACERES QUE PUEDE OFRECERNOS LA POESÍA.

Yo tengo la suerte de contar entre mis poetas con versos inolvidables. Ya he hablado en abundancia de J.M. CABALLERO BONALD y de su poemario MANUAL DE INFRACTORES. Hoy quiero dejar aquí algunos poemas de otro gran poeta: CLAUDE ESTEBAN, desgraciadamente fallecido el pasado 10 de abril de 2006. Los versos que siguen pertencen a uno de sus libros más hermosos (para mí) QUELQU´UN COMMENCE À PARLER DANS UNE CHAMBRE (Alguien empieza a hablar en una habitación). Por el momento sólo anoto la versión original, tal vez con el tiempo me anime a traducirlos.


QUELQUE´UN COMMENCE À PARLER DANS UNE CHAMBRE (Flammarion, 1995)

I
SEPT JOURS D´HIER


On n´a pas eu le temps, pas
tout à fait, on
avait cru qu´une minute pouvait
suffire, une main
sur un bras, on n´a pas eu l´idée
que c´était fini
quelque part, écrit peut-être
dans un livre qu´on n´aurait jamais lu
surtout s´il parlait
d´une femme, d´un homme, d´un jardin.

*

Au détour d´une phrase
tu reviens, c´est l´aube dans un livre, c´est
un jardin, on peut
tout voir, la rosée, un papillon
sur une feuille et c´est toi
qui te lèves soudain parmi les pages
et le livre devient plus beau
parce que c´est toi
et tu n´as pas vieilli, tu marches
lentement vers une porte.

*

Puis ce sera
demain, quelqu´un affirmera
que ce n´était qu´un peut de bruit
parmi les choses de la chambre, un souffle
et que le temps
réclame un autre souffle maintenant et ce sera
comme si tant de peine
dans un coeur
n´avait plus de place et d´autres
qui ne savaient rien du tout cela mourront aussi.

*

Sept jours d´hier, sept jours
comptés comme si
le nombre enfin clos
fixait le temps, forçait
le temps à ne plus creuser son entaille,
sept jours
traversant les années, et cette voix
soudain qui décide
que c´est assez, qu´il faut compter
autrement, si l´on pouvait.

III
GRADUEL DU PETIT MATIN

Les mots sont là, ce sont comme des grandes choses
immobiles dans la mémoire et qui blessent encore.

*

Peut-être que tout est dit,
peut-être qu´on attend la nuit
pour écrire la même phrase.

*

Quelqu´un commence à parler dans une chambre
et c´est bien tard sans doute, quelque chose a changé
ou s´est perdu dans la tête de celui qui parle

et ce qu´il dit ne ressemble que de très loin à son mal,
c´est peut-être que la mémoire devient plus profonde
et qu´on hésite à revenir là où le cri s´est arrêté

n´importe, il faut avancer avec toutes ces vieilles blessures,
la chambre est vieille aussi mais elle oublie dans le soleil
et la table est là toute proche et qui rassure

quelqu´un n´a pas de nom et c´est peut-être mieux ainsi
de ne plus rien savoir de soi et que les mots vous portent.

*

Tu étais si belle dans le matin
que j´ai cru que je n´allais pas mourir.


QUELQU´UN COMMENCE À PARLER DANS UNE CHAMBRE está dividido en tres partes: I.- SEPT JOURS D´HIER, II.- PHRASES, LA NUIT, y III,. GRADUEL DU PETIT MATIN.

(La primera parte,"sept jours d´hier", tal y como consta en la nota final del libro, fue publicada con el mismo título en 1993, en las ediciones Fourbis)

Tags: claude esteban poemas

Publicado por gala2 @ 20:03  | POEMAS
Comentarios (0)  | Enviar
Comentarios