Jueves, 18 de enero de 2007
NAISSANCES

Je suis n?e sur les bords
de la mer du soleil couchant
la grande mer la tr?s verte
la mer des Philistins
celle qui baigna Carthage
la mer blanche int?rieure des Arabes
dont les chevaux d?ferl?rent sur les rives
*
algue j?ai grandi vague poisson
?toile aux multiples branches
la premi?re lettre de l?alphabet
incrust?e sur le front
*
? sept ans je nageais sur les eaux noires
dans le chemin de lumi?re que tra?ais la lune
j?allais jusqu?? l?impasse du soleil
jusqu?au pays des limites
je prenais des le?ons de mirage
scribe intemporel
appliqu? ? calligraphier les si?cles
? l?encre bleue de la mer
*
? neuf ans je d?couvris ?blouie une ville engloutie
au retour je mis mes ailes ? s?cher sur les dunes
je comptais les pierres avant de les ramasser
j?avais deux visages je vivais dans deux mondes
*
? onze ans je ne parlais d?j? ? personne
pourtant une langue naissait dans ma bouche
je cherchais dans le silence les secrets du po?me
essayais de me d?finir dans l?ordre des clart?s
sous son voile blanc derri?re ses paupi?res fard?es
ma ville gardait ses myst?res
ne se consolait pas de sa beaut? perdue
la porte de la mer n?ouvrait plus sur le large
n?gligeant nos plus belles l?gendes
nous vivions nos jours et nos nuits assis
autour du marbre d?une fontaine tarie
*
? seize ans j?avais le sourire grave
de qui r?ve d??vasion
j?avais deux visages je vivais dans deux mondes
merveilleusement immobiles
des sphinx aveugles peuplaient mes jardins de sable
des oiseaux de feu traversaient mon ciel
fissures de silence dans le lent travail du jour
avec la mort pour horizon la mer nous retenait
ses cuisses de m?duse ondulant sous nos doigts
*


nous vivions nos jours et nos nuits assis
autour du marbre d?une fontaine tarie
la porte de la mer n?ouvrait plus sur le large
des sphinx aveugles peuplaient mes jardins de sable
on y fit planter un palmier qui bient?t caressa les nuages
je restais ? ses pieds les yeux au ciel
ma grand-m?re apparut
c?est un signe dit-elle tu vas nous quitter
fit les recommandations d?usage
versa l?eau verte sous mon pas
pour que tu reviennes un jour, dit-elle
d?j? j??tais sur l?autre rive
*
? quarante ans toujours habit?e par mes ombres
entre pass? et avenir
je suis de mon enfance et donc de nul ailleurs
je me souviens d?une nuit jeune
v?cue au rythme de la mer
il y avait entre le monde et moi
tant d?espace et si peu
l?enchantement la connivence
c??tait avant la lente agonie de la plan?te
avant la fissure du masque
j?avais deux visages je vivais dans deux mondes
je r?vais des rides du d?sert
face ? l??treinte bleue de l?horizon
*
je suis de mon enfance et donc de nul ailleurs
quelle v?rit? d?couvrir alors
que celle du soleil de chaque jour
celle d?une pluie de sable dans ma main ail?e
la grande voix du monde
dans la trame unique
de la langue patiente qui me fut donn?e
*
moi qui ne fais que revenir qui ne fais que partir
chaque seuil franchi
j?avance vers ma mort vers le premier jour
ainsi se creuse notre solitude
comme on explore au fond d?un puits sans eau
pour l?ombre rien que pour l?ombre
et face ? soi-m?me
ce lieu o? g?t un reflet de la lumi?re
*
lou?es soient les deux syllabes libres du soleil
l?archipel du silence o? je trouve les mots
le voyage de seuil en seuil qui est le vrai voyage
lou? soit celui qui s??gare
celui dont la parole est dans l??cart
lou? soit le monde parce que tout existe
ailleurs que dans le po?me et en lui
*
toujours entre pass? et avenir
j?ai voulu trouver celle qui devait ?tre
je cherche d?sormais celle qui fut
je suis de mon enfance et donc de nul ailleurs
minuit de lumi?re alphabet du rien
mer blanche mer du soleil couchant
grande mer int?rieure ? l?ouest de nos r?ves
Publicado por gala2 @ 21:34  | POEMAS
Comentarios (4)  | Enviar
Comentarios
Publicado por nombre
Domingo, 21 de enero de 2007 | 14:14
Il y a d?j? un certain temps que j?ai d?couvert la po?sie d?Amina Sa?d. Quelle sensibilit?! Quelle beaut?! Merci d?avoir reproduit ici un de ses po?mes.
Publicado por Luis
Domingo, 28 de enero de 2007 | 12:48
Tuve ocasi?n de escuchar a Amina Sa?d en el Encuentro de poetas de Vitoria. Me pareci? una mujer fuerte y con una poes?a distinta.?Pondr?is m?s poemas suyos y en franc?s? Gracias. Muy interesante vuestra p?gina. Responde a su nombre: POESIA.
Publicado por Irene
Domingo, 28 de enero de 2007 | 12:49
Est? bien leer a los poetas en su lengua, pero yo no entiendo nada el franc?s. ?Podr?ais poner alg?n poema de esta poeta o de otros en espa?ol? Gracias.
Publicado por nombre
Viernes, 23 de marzo de 2007 | 4:49
poooooooveeeeda que poveda tu vida marilu lululultrululun con enc?ansa transmites sabiduria bana
y poollo aprende y l pigmeo tambien ahy marilu pooooooooooooooooveeeeeeeeeeeeeedAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA aaaaajajaja







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